Overkoepelende vergadering samen met Forum Logia

Op zaterdag 4 juni sloten we ons werkjaar op een feestelijke manier af, samen met Forum Logia (Logia in Franstalig België). Kardinaal De Kesel was onze gastspreker. Er hebben ook drie leden van Logia een getuigenis gegeven over wat Logia voor hen betekent en waarom ze het waardevol vinden om als christenen aanwezig te zijn in het maatschappelijke debat. Hier zijn hun teksten:

Isabelle Michiels – Groupe de Namur

PLAN du témoignage 1
• Une expérience – Naissance d’un article : « J’ai mal aux vieux »
• Une invitation à participer à un nouveau groupe Logia et mes objections intérieures,
questions, hésitations.
• En quoi l’aventure « Logia » m’a positivement surprise : groupe LOGIA, une intuition
formidable et une expérience passionnante, une formule complète et équilibrée.
Croisement de regards = terreau nourricier.
• Bénéfices de ma participation au groupe Logia et prises de conscience en guise de
premières conclusions :
✓ Rapport foi et société visité à frais nouveaux ; en lien avec la prise de
conscience d’une posture adoptée par beaucoup de citoyens désabusés face à
l’arène médiatique (défiance, distance, « paresse intellectuelle » …).
✓ « L’agora médiatique » n’est pas réservée à quelques spécialistes. Honorer la
responsabilité savoureuse de se risquer à une parole personnelle et plurielle.
• Une difficulté à écrire : conjuguer le temps médiatique et le temps des
germinations lentes.
• Premières conclusions : une parole chrétienne dans les médias ? Ecrire pour rester
humains. Source de motivation : porter la voix de ceux qui, au quotidien,se sentent
« sans-voix ». Sel de la terre !

Au point de départ : naissance d’un article…
Le dimanche 12 avril 2020, dimanche de Pâques, j’ai été tirée de mon lit par un malaise profond qui œuvrait en mon for intérieur depuis plusieurs jours. Souvenons-nous… C’était le début de la crise sanitaire. Les informations sur la situation en maisons de repos étaient alarmantes. L’armée était même appelée en renfort. Des drames se jouaient à huis-clos dont il était difficile de connaître le fin mot. Nos aînés paraissaient livrés à eux-mêmes, abandonnés.

Les familles vivaient un cauchemar éveillé. Les soignants étaient démunis, nos politiques étaient perdus. Mesures tardives, incohérentes ou paradoxales. J’avais eu jusqu’à la crise un engagement pastoral régulier en maison de repos, ayant rencontré de longues heures beaucoup d’aînés. Cette actualité et l’impossibilité brutale de rester en lien avec eux me frappaient de plein fouet. Douloureusement saisie dans cette inextricable impasse, ressentant de l’intérieur le terrible dilemme vécu par les uns et le désarroi infini des autres, je vivais ce que je peux appeler aujourd’hui une « souffrance éthique ». Je ne pouvais rester sans mots. Dans l’aube du matin de Pâques, un cri d’indignation est monté en moi. J’ai pris un bic et du papier. « J’ai mal aux vieux ! ». Voilà les premiers mots qui me sont venus. Ils sont devenus le titre d’un article paru quelques jours plus tard sur le site de « La libre Belgique ». Je recontactais ainsi profondément et sans le savoir le sens politique de l’acte d’écrire. Ma conception de l’homme et de la société que nous bâtissions se trouvaient violemment affectées par les événements et par notre manière collective d’y faire face. J’interrogeais ces frontières si étrangement érigées entre ce qui était décrété essentiel et ce qui soudain ne l’était pas, pire se révélait peut-être ne l’avoir jamais été. Avant l’heure de connaître «Logia », je réalise que l’expérience que je vous relate à l’instant était sans doute une manière de faire du « Logia » … sans le savoir.

Une invitation, des hésitations…

Pourtant, quand on m’a adressé, il y a un an environ, l’invitation à faire partie d’un groupe LOGIA qui allait se créer à Namur, j’ai été partagée. D’un côté, un mouvement d’élan – car les personnes de qualité qui me parlaient du projet (Marie et Alice ) semblaient très acquises à sa cause et en parlaient avec enthousiasme-, et d’autre part une certaine perplexité face à la raison d’être de cette initiative dont je découvrais l’existence. « Faire entendre une parole chrétienne dans le débat public par une présence accrue dans les médias… ». J’étaissongeuse. Qu’est-ce qu’une « parole chrétienne » ? Et si tant est que cela se définisse aisément (ce dont je doute…), pouvais-je prétendre être porteuse de cette parole ? avais-le besoin de m’exprimer au titre de cette identité ? Je me suis toujours défiée des identités qui ont trop besoin de s’affirmer… Et plus fondamentalement, je ne me sentais guère légitime pour évoquer certains sujets de société : avais-je vraiment quelque chose à dire et le désir de le dire ? Ne dit-on pas : la parole est d’argent, le silence est d’or. Dans le grand concert des voix qui s’élèvent à tous propos, fallait-il encore en rajouter ?…

Et puis au fond… ces groupes Logia, n’étaient-ils pas une sorte de groupes d’influence qui avançaient à visage couvert et s’exprimaient par la plume de chrétiens soucieux d’affirmer haut et fort leur identité ? N’y avait-il pas là un rêve quelque peu nostalgique de restaurer un passé où les chrétiens pesaient dans la société et où leurs voix comptaient davantage. Et pour en finir avec la confession de mes objections : Logia ne comptait-il pas sur ses membres laïcs pour se faire porte parole dans leurs articles d’une position officielle d’Eglise ? Or je ne me sentais appelée à être porte-parole de rien ni de personne ? Si je suis là devant vous, c’est parce que le réel de la Vie se plait toujours à découdre nos imaginations, nos projections. Lors de la rencontre d’information où la belle histoire de la naissance de Logia nous a été contée, devant les réponses sans faux-fuyants reçues aux interrogations que j’ai pu exprimer, mes réticences ont fondu. J’ai ressenti une belle énergie à l’œuvre et le désir de tenter l’aventure.

L’aventure « Logia » : une expérience passionnante, les bénéfices d’une formule complète et équilibrée :

Neuf mois de participation à un groupe LOGIA plus tard…
▪ Une intuition formidable qui s’exprime dans la force d’une formule complète et équilibrée:

Chaque mois, la réunion est un tour de passe-passe… Dans un timing de deux heures, toujours
magistralement respecté : on prie, on témoigne, on s’écoute, on s’anime, on cherche à
comprendre, on mange, on boit, on refait le monde, on découvre telle ou telle référence
d’ouvrage de référence, on se défait des logiques binaires pour appréhender la subtile
complexité des sujets proposés.
✓ Nos super animateurs nourrissent le groupe en amont de la rencontre par les liens vers
des articles qu’ils nous adressent selon les thèmes qui seront abordés.
✓ En amorce de la rencontre, un membre du groupe offre son témoignage et on prend le
temps d’un moment de prière. Deux moments toujours soignés qui nourrissent
l’intériorité, mais aussi la fraternité et introduisent à une connaissance réciproque, à
un respect mutuel.
✓ La richesse des personnes qui composent le groupe : non seulement parce que nous
avons des pedigrees et expertises différentes (je ne vais pas les citer, cette variété est
présente à sa manière dans tous nos groupes, j’imagine), mais aussi en raison des
tempéraments et sensibilités spirituelles variés qui sont les nôtres. Nous faisons
l’exercice d’une vraie pluralité exercée dans un climat de bienveillance et fondée le plus
souvent sur le partage de valeurs communes.
✓ Sans oublier le sens du goût et de la convivialité qui sont honorés par les tartes salées
de Françoise et l’excellent dessert qui toujours les accompagne, ainsi que de quoi
désaltérer nos bouches bavardes.

▪ Dans nos partages Logia, des diversités de sensibilité, d’approche, de points de vue s’expriment pour devenir le terreau nourricier d’articles qui seront signés de la plume de celle ou de celui qui acceptera de nouer en une inspiration singulière la richesse collectivement produite… Fécondité stimulante d’une parole née au CARREFOUR de nos expériences de vie, du monde et de ses questions, de la richesse de nos sources séculaires (Evangile, doctrine sociale de l’Eglise…).

Du côté des prises de conscience et des bénéfices que j’ai trouvés dans ma participation au groupe :

✓ Comme beaucoup de « citoyens lambda » un peu blasés, j’avais adopté par rapport à
l’actualité et aux enjeux qui la traversent une posture d’observatrice faite d’un
mélange de recul et d’indifférence protectrice. La scène médiatique me faisait souvent
penser plus à un ring ou à une arène qu’à un lieu de débat posé. D’où : défiance,
distance, paresse à penser ou à m’autoriser d’une parole.4 Cette fracture s’est
résorbée par la conscience renouvelée d’une responsabilité à prendre part au débat,
une sorte de réhabilitation de la parole.

✓ Les échanges stimulants que nous avons eus chaque mois dans des domaines très
variés m’ont démontré que chacun porte en lui plus qu’il ne croit et peut exprimer des
positions fondées, même sur des sujets dont il n’est pas expert. Non, la grande agora
médiatique n’est pas réservée à quelques-uns.

Je vivais jusque-là le rapport « Foi et société » principalement à travers mes
engagements et centres d’intérêts professionnels. Notre groupe Logia a permis que je
me sente plus largement concernée par les questions de société qui animent notre
temps, que je renoue avec une saine curiosité, une envie de comprendre, de participer.
Une difficulté personnellement éprouvée : conjuguer deux temporalités très différentes : le
temps médiatique (rapide, éphémère…) où un sujet chasse l’autre, temps de la parole
immédiate, foisonnante, bruyante et parfois sensationnaliste… et le temps lent de la
germination d’une parole à la saveur « évangélique », parole humble, pétrie de silence,
d’audacieux tâtonnements, de brûlante urgence intérieure…
La conjugaison difficile de ces deux temporalités reste jusqu’ici pour moi un frein à l’écriture.

Premières conclusions : LOGIA, une parole chrétienne dans les médias ?

Aujourd’hui, je reste inconfortable avec l’expression « parole chrétienne ». Mais si quelque chose doit se rapprocher de ce que serait pour moi cette parole : ce serait une parole humble qui n’assène pas des vérités, ne revendique aucun monopole, une parole qui n’est pas en surplomb, ce serait une parole qui accepte d’entrer dans la complexité du réel et de s’y engager, une parole qui « met les mains dans le cambouis », comme on dit, qui reconnaît ses tâtonnements. Douce et vigoureuse à la fois, une parole vivante et vigilante qui se mêle à d’autres…
Ainsi des articles rédigés par les uns et les autres. Ils témoignent d’une parole qui ne se veut pas académique ou péremptoire, mais d’une parole qui cherche à déployer avec nuances les enjeux des thèmes abordés.

Ecrire pour rester humains : la situation des aînés au début de la crise sanitaire m’a laissée sans voix. Beaucoup de publics fragiles côtoyés dans mon parcours professionnel (enfants placés en institutions, adultes lourdement handicapés, personnes malades en grande dépendance, détenus…) se vivent au quotidien comme des « sans-voix ». Je dois vous avouer que c’est auprès d’eux que je tire ma plus grande motivation à oser rompre le silence, comme on rompt le pain, pour me risquer avec d’autres au partage d’une parole porteuse, autant que possible, d’humanité. Cette parole par nature est toujours un peu balbutiante.
Hier comme aujourd’hui, il nous dit : si le sel vient à perdre sa saveur… Ah qu’il est juste et bon d’être simplement qui nous sommes, partie prenante au grand chantier d’un monde en enfantement, et d’oser y mettre sans forfanterie mais aussi sans peur et avec enthousiasme …notre grain de sel.

Anne-Sophie De Decker – groep van Brussel

Ik stel me graag even voor. Mijn naam is Anne-Sophie De Decker. Ik ben bijna 19 jaar gehuwd met Stijn Dieusaert, en samen bestieren we een gezin met vier kinderen. Ik ben tegelijkertijd ook directeur van Sint-Jan Berchmanscollege, een (nogal gekend) jezuïetencollege in het centrum van Brussel. Ik begon als directeur drie schooljaren geleden, net voor corona dus. Als leerkracht Latijn en Grieks startte ik op het college in 2003, bijna 19 jaar geleden, zolang als mijn huwelijk al duurt…

Hans en Aglaja spraken me voor het eerst over Logia toen ik pas gestart was als directeur. Van Jurian had ik er ook al over gehoord en wat gelezen. Wat me meteen aantrok in hun verhaal, in het verhaal van Logia, is het idee om met de christelijke boodschap op een authentieke en positieve manier in de media te komen. Dat sprak me aan omdat ik niet alleen van nature uit een optimist ben, maar ook vanuit gelovig standpunt hoopvol ben. Ik hoop nog steeds op een maatschappij die niet gebaseerd is op angst, maar op vreugde, op blijheid, op een Blijde Boodschap. Een maatschappij waar we vertrekken vanuit vertrouwen, elkaar vrijheid geven en ook verantwoordelijkheid nemen voor elkaar.

Het zijn christelijke basiswaarden voor mij, en ook de reden waarom het ignatiaans pedagogisch project van Ignatius van Loyola, dus van Sint-Jan, mij zo aanspreekt en oproept om verder te zetten, ook in moeilijke tijden.

Tijden waarin ik persoonlijk het vertrouwen in de leiders van die maatschappij wat verloren ben, omdat ik merk dat door die leiders en door media-figuren angst wordt ingezet als een middel om mensen te manipuleren. Er is grote nood aan een optimistische, realistische, hoopvolle boodschap. De christelijke boodschap is dus meer dan ooit actueel en kan meer dan ooit de leemte van zinloosheid vullen waar veel mensen onder lijden.

Je verspreidt die boodschap door authentiek te leven (en je dus vrij te maken van wat de huidige samen-leving lijkt belangrijk te vinden), door je kinderen deze weg als een erg waardevol alternatief voor te leven, door zaadjes te planten in de grond rondom je. Maar je kan de boodschap ook verspreiden door in die media te gaan staan, door in die wereld te gaan staan. En daar komt Logia dan in het verhaal. De combinatie van authentiek leven en ook in de media te gaan staan, vind ik terug in de missie van Logia.

Bij Logia-Brussel ervaar ik een groep waarbinnen dit optimisme en deze hoop ook heersen, waar dus ook het belang van het wekken van die hoop in de maatschappij leeft.

Tijdens de bijeenkomsten leggen we de pijnen van de samenleving bloot, ‘pijntjes’ die ons persoonlijk kwetsen en waar we proberen een antwoord op te bieden.

En ook al is er een gezamenlijke onderstroom binnen de groep, vooral de open en respectvolle manier om te praten en het af en toe ook oneens te zijn, maakt dat de bijeenkomsten me energie geven om de dag verder te zetten én ook inspiratie geven om te schrijven.

Dat een van onze laatste bijeenkomsten geleid heeft tot mijn eerste publicatie (in De Standaard, met een Brief van de Dag) was een mooi resultaat van deze openheid en het constructieve gesprek. Aglaja bracht het thema aan, ik bereidde het wat voor en er volgde in de groep een gesprek dat eerst ging over de rol van moeder (moederdag), maar al snel naar de rol van het gezin (dag van het gezin) evolueerde. Een gesprek dat uitmondde in een artikel in De Standaard. Ik had eindelijk mijn ticket bij Logia verzilverd!

De feedback die ik achteraf op het artikel kreeg, kwam uit erg verschillende hoek. Veel christelijk geïnspireerde vrienden ‘like-ten’ het stuk, wat geen verrassing was. Maar ook een aantal niet christelijk geïnspireerde vrienden, of zelfs collega’s, reageerden. Hen viel het optimisme op, de zin om verder te gaan. Vrienden lieten weten dat het ‘een hart onder de riem was voor hun gezin’, ‘dat door gezin te zijn, je een mooie boodschap de wereld kon insturen’. Het gaf me diepe vreugde dat ik die gevoelige snaar had geraakt en bevestigd werd dat het net deze positieve boodschap is die ontbreekt in onze maatschappij op dit moment.

En dan was er ook een commentaar via Facebook van een christelijk geïnspireerde vriend die zei dat ik, zonder het woord ‘christelijk’ te noemen wel had aangegeven hoe we vandaag, in deze maatschappij, als christenen in de maatschappij kunnen staan.

Al deze reacties deden me beseffen dat ik geslaagd was in mijn opzet, in onze Logia-opzet: de christelijke boodschap in de media brengen op een positieve manier, met de nadruk op authenticiteit, hoop en toekomst.

Zonder Logia had ik dit allicht niet gedaan, en was het bij een vaag idee gebleven (‘ik moet daar eens iets over schrijven’), met Logia is het ons gelukt om die boodschap in de krant te krijgen, om een vonkje vuur aan te steken. Wie weet…

Misschien is dat het begin van nog meer stukjes in de krant, wie weet waar Logia mij nog brengt. Ik wil in elk geval verder meewerken aan het brengen van de christelijke boodschap in de algemene media. Omdat er zo’n nood aan is, omdat mensen snakken naar positivisme, uitzicht op toekomst, verbondenheid.

Laura Rizzerio – groupe de Louvain-la-Neuve

Je voudrais développer mon propos en trois points.
1/ l’appel
2/ la mission comme « responsabilité »
3/ la foi comme « culture »

1/ L’appel
Pourquoi j’écris dans la presse ? La réponse est simple : parce qu’on me l’a demandé. D’abord en m’invitant à participer à Logia et ensuite parce que le journaliste de La Libre m’a demandé si je voulais gracieusement faire partie des chroniqueurs. Cette réponse peut paraître banale et pour certains aspects elle l’est. Mais elle recouvre aussi un aspect fondamental de la foi. Car si nous sommes ici aujourd’hui, en chrétiens, c’est parce que le Seigneur nous a appelés à Le suivre. Et que nous avons répondu oui. Cet appel et cette réponse me gardent aussi dans l’humilité (humus, proches du sol…) : si j’écris dans la presse, je n’ai pas à m’en « vanter, car ce n’est pas parce que je suis un génie de la communication ou une figure importante dans l’opinion publique, mais simplement parce que j’ai été appelé à le faire en tant que chrétienne engagée, ayant la disponibilité et les capacités intellectuelles pour assumer cette tâche. Cela me conduit au second point.

2/ la mission comme « responsabilité »
La raison de ma participation à la presse est liée au fait que la foi possède une dimension  « missionnaire ». La réponse à l’appel comporte en effet une responsabilité qui se traduit dans une mission. Et quelle est cette mission ? Jadis on disait « accomplir en chrétien son devoir d’état ».
C’est sans doute une expression « has been » mais elle me paraît bien clarifier la nature de la
mission que la foi assigne. Il ne s’agit pas en effet – cela me semble – de parler de Jésus Christ à
longueur de journée mais d’assurer, là où je suis (travail, famille, amis, etc.), que ma manière de
regarder le « monde » (au sens paulinien du terme) est constamment traversée par le désir de
témoigner de l’Amour du Seigneur pour sa création et de la Rédemption que cet Amour a suscitée
en vue de « sauver » le monde de la finitude et du mal. Ce désir se traduit pour moi en un nouveau
« jugement » sur tout ce que j’aborde. D’ailleurs en grec « conversion » se dit metanoia, c’est-à-dire
la transformation du regard de l’intelligence et du cœur à la lumière de l’évangile. Cela fait que la
manière de considérer la dignité humaine, mais aussi l’environnement, ou le rapport à l’argent, au pouvoir, etc. est investi par l’adhésion à l’évangile. Et cela se traduit pour moi dans un nouveau « jugement » sur ce qui m’ entoure qui s’exprime en ce que j’écris et qui manifeste je l’espère, ême sans le dire explicitement, l’amour du Seigneur pour sa création. Je pense que cela nous autorise à nous exprimer sur tout avec un regard nouveau, même sur la série TV Les chroniques des Brodgerton ! Ce qui m’amène au 3e point.

3/ La foi comme « culture »
Si telle est notre mission, c’est parce que la foi possède, outre la dimension missionnaire et de charité, aussi une dimension culturelle. Or, que la foi devienne culture ne signifie pas qu’elle doit s’intellectualiser. Croire est par nécessité une affaire d’intelligence et de cœur. Dans la foi on ne peut pas séparer la raison de l’amour. La dimension culturelle de la foi, comme je la comprends, est liée à ce « nouveau jugement » qu’elle inspire sur le monde, comme Jésus à fait lors du discours de la montagne. Parfois j’ai l’impression – malheureuse – que les chrétiens sont prêts à intervenir de façon idéologique sur certains sujets comme l’avortement, l’euthanasie. Mais quid de leur voix
lorsqu’il s’agit de la justice, de l’équité sociale, de l’emprise du marché et de la finance sur les
choix éthiques et politiques, de la crise climatique ou migratoire? Il me semble que le Pape François est un maître en ce qui concerne cette dimension culturelle de la foi. Il nous a ouvert le chemin pour comprendre que notre Amour pour le Seigneur ne peut pas ne pas se traduire dans une nouvelle manière de penser et d’agir dans le monde, manière qu’il nous est demandé de faire connaître. En écrivant dans la presse, je souhaite suivre ce chemin. Et si tel est mon désir, c’est parce que l’Amour du Seigneur est ce que de meilleur et de plus humain je peux offrir au monde qui mendie, aujourd’hui plus que jamais, de quoi pouvoir se nourrir pour survivre aux crises qui le menacent.

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